Synchronicités canadiennes
 

En novembre 2000, une mission réunissant à Montréal (Québec) Jean Jacques Lemetre (Théâtre du Soleil) et Patrick Curran (Paris 8),  visait un certain nombre d’objectifs, distincts ou corrélés qui furent tous mis en oeuvre:

Objectifs:
 
  • 1- la présence de Jean Jacques Lemetre préparait, la venue de la troupe du Théâtre du Soleil (création « Tambours sur la digue » ) à Montréal en Mai 2001 ; 

  • 2- cours, conférences, dialogues constituaient un  transfert de savoirs ayant, à la demande de Josette Féral (UQAM), les relations théâtre et musique pour épicentre, mais aussi, dans une moindre mesure, le rapport émergent avec les NTI; 
  • 3- la présence de Patrick Curran, associée sur quelques points à la rubrique précédente, était plus directement liée au développement des ordinateurs vestimentaires (orvest) coordonné par le sociologue Charles Halary (UQAM/Concordia) ; 
  • 4- La conjonction de Jean Jacques Lemetre et Patrick Curran portait globalement sur un projet de cyberopéra, E(X/S)O, en quête de solutions technologiques émergentes et de partenariats. Autour de cette prospective, des échanges transdiciplinaires étaient également recherchés entre Montréal et Paris. 

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Mise en Oeuvre et Résultats
 

1-  La venue de la troupe du Théâtre du Soleil à Montréal, pour y manifester en Mai 2001 sa dernière création « Tambours sur la digue » a été confirmée. Les cours et conférences de Jean Jacques Lemetre (assortis d’un  reportage tourné dans l’espace musical du Théâtre du Soleil) ont assuré avec brio la promotion des orientations théâtrales menées par Ariane Mnouchkine. Cette mission s’est poursuivie à Toronto.

2-  Josette Féral (responsable du département Théâtre à l’UQAM) a coordonné l’ensemble des échanges et des interventions (conférences et ateliers) au sein de plusieurs structures de Montréal. Cet échange a ainsi pu, au sein du département de communications, s’élargir : Baccalauréat en média, Maîtrise en multimédia interactif, enfin Doctorat en études et pratiques des arts à l’occasion d’un thême co-animé par Jean Jacques Lemetre et Patrick Curran, accueillis par Simon-Pierre Gourd. Les fondements pédagogiques (intelligence multiple) et esthétiques de leur collaboration furent l’introduction au thême : Le cyberopéra comme mi-lieu de synthèses entre la musique, l'architecture prospective, les hypermédias et l'écosophie (...) qui constituent l'habitacle, l'espace servant et l'espace servi, la posture et la scénographie reliant perception, représentation et simulation. Nous avons ainsi eu l’occasion de passer, illustrations à l’appui, de l'uchronique "Pan doors" [+] (réalisation expérimentale sous holorama en 1996) à la génèse d'E(X/S)O, cyberopéra sous le signe des « utopies réalisables ». 

   

 

3-  Le développement des ordinateurs vestimentaires (orvest) nous intéressait à divers titres depuis notre rencontre avec le sociologue Charles Halary [+] à Paris, en Juin 2000. Dans notre propre acception des hypermédias ce nouveau rapport de la technologie au corps et à la kinesthésie concerne d’abord la psychosociologie, mais aussi l’ergonomie, puis encore l’esthétique, de l’art de vivre aux scénographies spectaculaires... Nous avons eu le plaisir de voir que Charles Halary, ayant abouti son analyse en une prospective annonçant l’avènement proche d’une telle technologie, choisissait comme le fit Ted Nelson (projet Xanadu) d’en être lui-même le promoteur. Cet esprit d’entreprise s’appuie sur un important réseau de compétences, reliant des acteurs et créateurs du pôle vestimentaire aux technologies émergentes porteuses de ce progrès : l’UQAM et Concordia y jouent un rôle dominant, auquel nous sommes enclins à nous associer dans un mode particulier, qui s’intègre à la rubrique suivante ...

4-  Le cyberopéra E(X/S)0 est l’aboutissement d’un quart de siècle d’interactions entre un musicien (Jean Jacques Lemetre) et un homme d’image (Patrick Curran) qui sont partis en quête du « continent humain » et se sont régulièrement retrouvés à l’occasion de ces voyages et passages réels et virtuels. Le seuil du troisième millènaire est en parfaite adéquation avec cette démarche et les technologies émergentes sont en mesure de servir l’affirmation du « genre opéral» comme son dépassement cybernétique. Qu’il s’agisse d’imagerie tridimensionnelle ou d’électroacoustique musicale, d’inscription audiovisuelle (hémi)sphérique, avec le concours de Paul Bisson [+] ou d’interactions, de nouvelles options servent la forme comme le fond, tels les ordinateurs vestimentaires, susceptibles, avec une styliste comme May Livory [+] de, dépasser la tendance et transcender l’esthétique du costume . Nous avons été comblés de ces échanges informels au cours de soirées organisées par Josette Féral, Charles Halary et Monique Savoie/Nicolas Reeves : La SAT est apparue comme le lieu idéal où se croiseront, se traverseront, s’interconnecteront dès 2001, nos démarches respectives. Nous avons évoqué ensemble le projet suivant : en combinant l’interaction d’un ordinateur vestimentaire avec un environnement péritélévisuel comme le Panascope 360 de  Luc Courchesne [+] et probablement l’autostéréorelief (dispositif de Pierre Allio [+], nous pourrions préfigurer sous forme d’une installation ou (et) d’une performance la scénographie d’E(X/S)O... 

Anamorphose (saisie) et désanamorphose (diffusion) du Panoscope 360
 

Ce projet, dont nous confierons le montage à la SAT, vous sera communiqué dès que possible, sachant qu’une multitude d’interactions en seront les tenant et aboutissants : à Montréal nous avons eu le plaisir d’assister aux créations printanières du styliste Yso (avec le concours de Patrick Béland pour son défilé de mode) et pris contact sans plus tarder avec l’inventeur (précité) du Panascope 360... Sur Paris, une douzaine d’étudiants en Hypermédias et Architectures (Groupe de recherche et prospective avec Elisabeth Mortamais et Jean Magerand [+] ont déjà été informés du projet et seront diversement associés à la conception comme à la réalisation. 

La qualité des contacts et des dialogues partagés à Montréal (que nous ne pouvons pas tous rapporter ici), nous rend très désireux de réaliser une forte interaction entre nos deux centres de ressources humaines, technologiques et artistiques. Cette bipolarité dynamisera cette réalisation et la pérennité que nous visons à travers elle : la véritable inscription, humaine, de notre « continuum culturel ».

Notons enfin que cet échange d’informations fut favorisé par la réalisation d’un site Internet transitoire, dont le Webmaitre reste Kodjo Goncalvès [+], notre partenaire et ami, correspondant d’Ergolab sur le Québec, où il poursuit ses activités et recherches.  Quelques reportages vidéo [+] sont témoins de ces divers événements.