|
Fractales : « Une fractale est une figure géométrique qui se dessine par la répétition infinie d'un motif simple, conduisant à un réseau labyrinthique surprenant. Chaque partie est à l'image du tout qui est à l'image des parties. L'agrandissement de n'importe quel détail d'un détail d'une image fractale présente un motif similaire à la figure originale. Cette propriété permet à l'observateur d'appréhender cette image à n'importe quelle échelle avec quelques pertes d'informations si l'on ne peut voir aux échelles supérieures ou inférieures » ![]() En 1968 le mot pluridisciplinaire existe déjà : interdisciplinaire apparaît. L’année suivante, cet élargissement doit être dynamisé : transdiciplinaire est évoqué. L’écologie a posé le problème de la survie de l’homme dans son environnement et le mot « pollution » exprime une menace qui n’a pas été repoussée. L’épanouissement de l’individu et l’aliénation de l’homme par l’homme se pose à une multitude d’échelles et les symptômes y prennent d’autres noms : l’ethnocide qui frappe un peuple minoritaire a pour arme l’ « acculturation », celle-là même qui engendre le « malade mental » dans une société où ses racines sont meurtries ou arrachées. Cet environnement humain, ici naturel, là culturellement fabriqué, constitue un habitacle bénéfique ou qui cesse de l’être : ainsi la ville quand l’architecte « a perdu la tête », ne peut plus exercer sa mission d’urbaniste. La pollution chimique concerne des activités non régulées, chaos fractal qui se retrouve dans l’information et dans la tentative sabotée d’approcher la communication entre les individus. Quelle est la formation des masses et celle des élites : quel est le sens de leurs différences et des dominances qu’elles affirment tout en prétendant les atténuer, comme la mauvaise gestion d’autres énergies : La périphérie menacée de notre univers se relie à son centre par l’écosophie (Gattari), le projet que l’homme a sur lui-même ou plutôt sur l’autre, son (dis)semblable, altère tout ce qu’il touche, engendre la psychosomatique du cancer aussi bien que « le trou d’ozone », mais aussi l’altruisme et la progression virtuelle des utopies réalisables. ![]() ![]() EM: La périphérie et le centre, questions éminemment d'actualité en architecture, mais telles que tu les évoques sont vraiment cousines des nôtres et c'est bien sûr les liens horizontaux de transverses ou de traverse qui permettent de relier des données isolées. C'est d’ailleurs très curieux que les mêmes mots s'attachent à des maux qui sont semblables; dans l'abstrait comme dans le concret ! Les crises qui rendent le centre et sa périphérie si autistes sont les mêmes d'un centre à un autre, d'une périphérie à une autre. P.C: Comment
s’étonner, ainsi, que les hypermédias et l’architecture,
sur ce paysage chaotique qu’ils façonnent conjointement, fassent
cause commune pour s’interroger radicalement sur eux-mêmes et dans
une régénération « prospective
» s’offrent des objectifs à atteindre, se remettent en question
et, ce faisant, se stimulent.
Les « vides» qu’ils créent
dans un édifice de plus en plus enfermant, est
emplis d’images, de sons, d’odeurs et d’expériences corporelles
à traverser.
E.M:
L'art dans tout çà
se laisse volontiers piéger aux apparences qui permettent à
tout ce petit monde de rester bien au chaud, sans
prise de risque - le mot travesti est bien juste puisqu'il parle d'un "faux"
et usage de faux - fausse modernité, fausse authenticité...
PC : J’éprouve à l’égard de Virilio - que j’ai écouté-voir parler dans un reportage vidéo- la même réserve que vous, du même ordre que la «double-pensée » des cyberphilosophes, cette Tartufferie symétrique des Dr Tant Pis et des Dr tant Mieux. Ils font recette de leur tonus émotionnel finalement très commercial comme la positivité de carrefour ou le pseudo-pouvoir de « dire non ! » et de faire le contraire parce que ça rapporte aujourd'hui, le"prêt à penser". L’architecture-prospective se met, selon moi en stase vibratoire et régénératrice d’une nouvelle forme-matière. Les hypermédias, autre mi-lieu de la pensée dispersée et connectique, approche les moyens d’abolir certaines dominances avec les armes mêmes qui les exagèrent : par saturation des modèles : à l’écrivain accompli on pourrait proposer : songe au réalisateur audiovisuel que tu aurais pu être si tu ne t’étais pas voué au codage des mots ? ! au réalisateur il serait aussi valable de suggérer : songe à l’écrivain que tu serais devenu si tu t’étais évertué à exprimer tes scénographies avec des mots... Cette alternative existe et s'incarne de temps à autre. Les déterminismes n’excluent pas les correspondances, lorsque la puissance évocatrice se raccorde avec des représentations du même ordre : lorsqu’il y a communication ou encore (mais cela est très proche) créativité dans ces écritures qui se complètent. Par contre la faculté logico-langagière a tendance à se comporter comme « un état dans l’état » et sa carence poïetique exclut tout autre objet que sa propre mathématique. Même si elle fait mine de créer des formes, si elle fait du théâtre ou de la musique, si elle danse, ce sont des avatars sonores et des « trompe l’œil » : « leurs « retours d’efforts » sont des fantômes kinésthésiques. ![]() E.M: Quant à la faculté logico-langagière sorte d'état dans l'état de la pensée, elle rejoint l'auto-satisfaction et auto-référence de l'architecture actuelle. Le trompe l'oeil existe chez nous aussi, c'est la "fausse" transparence du verre mis à toutes les sauces de tous les projets "in" des architectes à la mode. L’art a compris que son pire ennemi ne le récuserait pas, mais se travestirait en lui, au temps de la simulation numérique. Revenons à ce
qui fait se croiser, sous des habitacles transitoires, les flux d’informations
avec leurs auteurs, les hypermédias avec l’architecture prospective.
Les premiers voudraient des cyberarchitectures cohérentes mais où
en chercher les modèles ? Les second ont pris en compte la formule
de Virilio « en attendant que l’architecture du système remplace
le sytème de l’architecture », mais
ils l’ont lue et entendue jusqu’au bout, reliée en un ruban de Möbius.
Ainsi, tout doucement,
encore invisiblement, de cette conscience enfin manifestée, le virtuel
commun aux uns et aux autres se réalise, appelle
les « formes » des « forces » qu’ils évoquent.
Cocoon et nomadisme
: transitoirement, alors que la consommation
nous agglutine en cocoons sédentaires, améliorerons-nous
ces connexions par branchements directs sur nos neurones ? Le
Neuromancien (Gibson) ne traite visiblement que d’une nouvelle drogue,
qu’il transpose : ce qui nous intéresse est au dehors, ici et maintenant,
autrement et ailleurs, y compris par les voies de la télédomotique
mobile dont il est question dans « Ergosphère ».
Au moment ou beaucoup du cinéma s’est réfugié dans cette mortifère petite lucarne, meurtière du septième art, celui-ci, en cessant presque de l’être, a recherché de nouvelles formes spectaculaires. Ce qui n’était que belles formes d’utopie (dont le cénotaphe à Isaac Newton) s’est érigé en infrastructures spectaculaire : l’écran (hémi)sphérique, l’écran total comme le qualifiait l’architecte-cinéaste Philippe Jaulmes a commencé de se manifester dans les parcs d’attraction, de Disney au Futuroscope, en passant par la Cité des Sciences. Sa puissance psychophysiologique constitue un défi, qui fait se croiser nos espérances pédagogiques et artistiques, nos esthétiques, qui fait imaginer de nouvelles scénographies. Là, comme on pouvait s’y attendre « architecture prospective » et « hypermédias » manipulent les mêmes modèles, avec les mêmes logiciels, mais ce ne sont pas les mêmes visions qui se reflètent sur son miroir anamorphique: ce sont elles qu’il nous faut discerner et approfondir : ensemble. E.M : Quant aux utopies, nous sommes persuadés qu'il est nécessaire d'en formuler de nouvelles, des utopies collectives fournies d'intelligence collective, si nécessaires à faire éclater les cocoons individualistes sorte de drogue de l'oubli. Le spectacle ne doit pas être un simple bourrage pour des appétits qu'on réveillent et qu'on endort aussitôt. Fractales du corps
: Réelle, virtuelle, imaginaire, hallucinatoire,
proxémique ou extra-sensorielle, psychophysique comme modulée
par les émotions, (...), la cohésion
du corps se réalise sur des modes spatiotemporels diversifiés.
Le mystérieux processus qui relie ces enveloppes de natures et de
formes différentes, épouse les contours de la peau, s'en
éloigne ou pénètre plus profond, s'organise selon
un principe fractal. Il comporte à
la fois de nombreuses discontinuités et un principe vital de cohésion.
S'il s'agit, d'une part de mettre en parallèle, perceptions, représentations et simulations, les technologies informatiques (à la pointe de la conquête du troisième mode) diversifient leurs stratégies. On distingue notamment:
· la réalité augmentée · la virtualité incarnée Le réve sous toutes ses formes, et la relation que l'individu tisse avec lui, nous renseignent sur une partie des processus reliant ces différentes modalités à notre mémoire. C'est bien cette mémoire plurielle qui est retraitée à l'issue de la confrontation avec chaque nouvel objet et selon le contexte global où celui-ci s'inscrit. Accueilli à bras ouvert ou rejeté, il sera passé par là et son amnésie est peut-être la trace ultime de son importance subjective... Il fallait à tout pris l'éviter en le niant. A l'autre extrémité il y ces perception erronées qui s'imposent comme un deuil non réalisé: le bras amputé fait souffrir ou oscille comme un tentacule: schème tenace, il occupe encore un espace virtuel qu'aucune sensation externe ne vient plus nourrir. Ces terribles confusions donnent à réfléchir sur les seuils qualitatifs et quantitatifs, sur l'étalonnage psycho-sensori-moteur des machines multi et hyper-médiatiques qui seuillent une partie de notre environnement. E.M : Ces observations pointent aussi les images archétypiques qui sont sousjacente au travail de l'architecte, préoccupé depuis toujours par le rapport de l'architecture à son corps : le bâtiment pour protéger le corps, mais l'architecture comme représentation du corps. ![]() ![]() PC : Pour exprimer cette relation d’un individu à un dispositif j’emploie volontiers le mot « habitacle » : comme mon complice de rêves H.Bosch ! J’en reviens avec joie à cette formulation qui d’un voeu personnel épouse une réalité émergeante. Après un cheminement dans l’immatériel (dont le mentalisme hypertextuel) nous évoluons d’ensemble vers une esthétique de l’apparition. Ce " futur " appelé par les uns et refusé par les autres se réalisera comme un organisme... dans un tout ou rien et une autonomie, qui fait de lui une entité bien conformée ou monstrueuse. L'expert n'est plus seulement l'électronicien, l'informaticien , l'ingénieur: il doit s'adjoindre le médecin, le psychologue et l'ergonome pour réaliser une analyse convergente. Les artistes des cinq sens seront, eux, force de proposition, expansion divergente. En balance entre ces deux pôles, nous trouvons les architectes, les urbanistes, les écosophes et quelques philosophes. Aux fractures en partie artificielles du continent humain peuvent correspondre, tel un tissus cicatriciel, les fractales de l'intelligence humaine: multiple dans ses modes, réunissante dans ses recoupements. EM: La réalité virtuelle, la réalité augmentée, la virtualité incarnée pourrait être la définition d'un des éléments essentiels du programme architectural prospectif et cyber. Fractales des corps, fractales des coeurs, fractale des esprits aussi comme multitudes des possibles reliés et intéragissant. ![]() Avec l’introduction
des nouvelles technologies de l’information nous
assistons à des « déplacements » de notre perception
des réalités, de nos modes de vie.
Pourtant: (…) jusqu’à
présent l’informatique n’a pas eu d’influence fondamentale
sur L'architecture. Tout comme la technique
du béton n'avait pas eu d'influence sur l’architecture a ses débuts.
Mais : (…)comme pour la ville,
c'est l’informatique qui nous permet d'avoir une conscience immédiate
des réalités qui nous étaient totalement inaccessibles
jusqu'à présent. C'est l'informatique
qui nous permettra de « trier intelligemment» les éléments
constitutifs du projet. C'est elle qui va déplacer le champ de la
conception en architecture.
![]() P.C. :
Enfer était le mot :
ici comme en tant d’ailleurs, l’informatique, outil de simulation «
tout-numérique » s’est ainsi substitué à la
la géo- architecture, qui incluait
un repérage physique et paysager important.
![]() Le temps réel
de la ville a toujours existé, mais jusqu’à présent
, il n’était vraiment identifiable et utilisable que dans les espaces
accessibles à la perception des capteurs naturels ( la vue, l’ouïe,
l’odorat etc). Les prothèses sensorielles
archaïques comme le téléphone avaient timidement permis,
depuis un siècle, d’échapper aux contraintes de l’espace
et de la distance, mais en revanche, elles ne restituaient qu’un micro-fragment
de réalités lointaines.
Les outils informatiques gèrent en temps réel cette « hypercité » dans toutes les strates de son infinie complexité, agissant en interface entre raisonnement basé sur le cas, image de synthèse, vision virtuelle, intelligence artificielle, réseau de neurones, algorithme de navigation, programmation par contraintes, logiques floues, traduction automatique, traitement du langage naturel, algorithmes génétiques, maîtrise du temps réel, contrôle des robots par réseau de neurones etc. Toutes les techniques
d’approche des réalités que sont les images de synthèse
ou les logiques floues permettent en fait une autre positionnement
face aux savoirs, face à tous les savoirs, elles n’appartiennent
pas à un seul domaine elles sont transposables dans tous les domaines
de l’hypercité-cité.
![]() En agissant sur l’information
qui organise la matière, il est envisageable
de proposer pour bientôt des espaces « possibles »- mettant
ainsi en adéquation permanente contenant et contenu.
Les équipements publics de proximité à localisation ou usages éphémères offriront des services ponctuels, différents dans la journée, voir le week-end pour des besoins ou des usagers différents. Nécessitant un local réduit, ils peuvent être transportables dans d’autres parties de la ville au gré de la variation de localisation des demandes. Les sites propres
à transports variables permettront d’exploiter plus pertinemment
les transports en combinant suivant les heures de la journée ou
de la nuit le transport des déchets (poubelles)
des matières premières ou des biens de consommation et enfin
des personnes sous plusieurs modes (multimodalité).
![]() Des terrains préalablement affectés dans la ville serviront de lieux destinés à des constructions recyclables pour l’accueil de résidents temporaires, ou d’une exposition, pour redevenir terrain d’aventure ou espace festif quelques temps après. La pensée et
l’écriture en réseau ne sont donc pas mono-signifiantes,
bien au contraire. Penser en réseau, c’est décloisonner,
établir des contacts, stabiliser par
croisement et entrecroisement, par démultiplication. Mais c’est
aussi gérer l’éphémère en favorisant la multiplicité
des contacts qui feront émerger d’autres possibles, des mondes différents,
affirmés comme tels et mettant ainsi
en valeur toute la richesse potentielle que cela représente au travers
de modes d’intervention et de pratiques très diverses.
![]() P.C : Modularité, polyvalence, synergie sensorielle comme un renforcement du sens : nous nous rejoignons ici avec précision. Ma proposition de télédomotique mobile reposait sur ce nomadisme du partage et une légitimation économique, aux antipodes des grandes gabegies du genre Opéra de Paris. Si le 3D, corrélé à la synthèse « cyclopéenne » m’a semblé la porte de la troisième dimension, l’inscription sphérique, elle, sert d’habitacle a une corporalité rayonnante sur le monde : finie l’intellectuelle dialectique du champ-hors-champ dans un cadre. Plus de racoins à cacher pour rendre les autres plus jolis : une vision d’ensemble réintroduisant la scénographie d’un espace à 360°. Le paysage : le jardin hypertextuel.À l'heure où notre vision du monde en train de muter, à l'heure où les méthodes d'analyse des réalités qui nous entourent sont en plein bouleversement, et où tous les savoirs sont remis en cause par le traitement instantané de l'information, peut-on conserver la même approche de la nature ? Car les puissances de calcul des ordinateurs sont de plus en plus grandes et éclairent d'un jour nouveau les théories concernant l'organisation de cette nature, comme la mécanique quantique ou la théorie du chaos. L'attirail de repérage dans la complexité qui nous entoure se complète savamment de méthodes informatiques : logiques floues, réseaux de neurones, programmation par contrainte, raisonnement basé sur le cas, algorithmes génétiques, système multi-agents, intelligences artificielles, ... sont autant d'outils « à intelligences de synthèse » qui questionnent l'appréhension générale des savoirs, et, du coup, l'approche du savoir sur la nature. ![]() P.C : Je reprends et souligne : sont autant d'outils « à intelligences de synthèse » qui questionnent l'appréhension générale des savoirs, et, du coup, l'approche du savoir sur la nature. J’aime cette acception (re)liante qui de l’analyse conduit à la synthèse, comme fonctionnent constamment nos oreilles et nos yeux s’ils ne sont pas confinés dans un espace-temps restreint. Le naturaliste et le biologiste sont en mesure d’échanger avec les autres sciences des algoritmes à champ applicatif étendu. Si la musique des « suffis » ouvre effectivement à l’intelligence de l’autre, la phonologie devrait s’y intéresser de très près. Chaque art offre des éléments de cette découverte et l’ « invention de la laideur » , qui est aussi amnésie sélective, révèle son intentionnalité dans tous les domaines, comme le principe de mort contre le principe de vie. ![]() [à propos du jardin robotique de la villette [+] : Puisque la nature et sa complexité peuvent être maintenant passées au filtre de ces nouveaux outils, on ne peut que s'interroger sur le devenir de l'approche et de l'image de la nature dans ce contexte. Quel sont les nouvelles images et les nouveaux idéaux de nature ? Et quels sont le paysage et le jardin qui lui correspondent ?
La Maison Gallego-Bouvet est née de ce travail d’un véritable positionnement de la technologie du traitement de l’information dans l’univers de l’architecture. Il s’agissait donc de re - lire les éléments archétypiques de l’architecture au travers de la technologie de l’information ; cette re-lecture entraînait alors un décodage, comme une traduction. La traduction permettait ensuite une réécriture. L’informatique devenait un filtre à décomposer et recomposer l’architecture. C’est l’écriture (au sens de ce qui ce conçoit et se réalise) qui nous positionnera comme des acteurs « actifs » et non passifs des N.T.I.C., sachant faire des choix, opérer des sélections, pour ne retenir volontairement que ce qui nous semble bon, dépasser le « despotisme » de la technique (la technique ... comme « idéologie »selon Habermas) pour en faire un quotidien où la poésie et l’imaginaire seront le fruit de nos écritures. P.C. : l’imagination conjointe de ces « écritures » est l’intuition en actes qui nous rapproche le plus. C’est ce qui rencontre le plus de résistances, en fait toutes celles qui relèvent des dominances en place. Cela commence par l’acception singulière ou plurielle, cela transite par le « verrouillage » économique des scénographies sous dômes et géodes : il leur faut éviter à tout prix la catalyse intellectuelle, émotionnelle, écologique et écosophique (Gattari/Psychanalyse) qui cessent d’être une simple utopie ou un temps transitionnel de spectacle avec l’architecture et l’urbanisme : c’est le vortex avec la réinventions de ses paysages extérieurs, toujours interactifs avec les paysages intérieurs, puisqu’ils constituent la matière première des rêves ». J’ai ainsi beaucoup apprécié Jouvet, spécialiste des travaux sur le sommeil et le rêve, manifestant la « somme » de son travail scientifique en même temps qu’un roman pour donner chair au squelette et, en filigrane, humanité et personnalité au chercheur. ![]() E : L’ architecture,
comme une des manifestations de ce processus de transformation, a un rôle
tout à fait spécifique : c’est restituer dans la matière
(et dans le travail d’un batiment, comme oeuvre construite) les caractères
fondamentaux de son époque ; parce qu’il s’agit aussi de rejoindre
la matérialité et de construire dans la matière des
architectures dont le langage et l’écriture permettent désormais
de relier les horizons de la virtualité et le monde de la pesanteur
dans lequel évolue notre corps-matière.
La maison est donc
«traduite » en «langage machine » pour mettre en
correspondance la logique architecturale à la logique informatique.
Cette traduction permet au robot d’accéder à un langage architectural
codé ou plus exactement code - barrisé
Ensuite, il s’agit
de retenir dans ces nappes d’ordres, les éléments spécifiques
qui vont s’assembler pour former le volume construit.
P.C : il est frappant de constater que l’évidence pour nous, d’un environnement hypermédiatique s’est propagé à l’achitecture et a vocation d’un prolongement cohérent à l’urbanisme. Ainsi il n’y a plus substitution mais solution de continuité, ce « continuum » dont l’intuition - forte dès 1989 se trouve relayée et transitoirement « imagée » par de jeunes architectes, dans cette mouvance. ![]() Il est commandé,
géré via les synapses, par des milliers de clés, et
verrous sous forme de messages chimiques, qui permettent d’établir
des itinéraires dans ce réseau
ou au contraire de les verrouiller suivant les besoins. Au stade moléculaire
de cette architecture complexe on ne différencie plus le vivant
de l’inerte.
La maison est
douée d’une mémoire et de «raison désirée
» ; nous appelons «raison désirée » une
faculté de prendre des décisions de façon autonome,
mais dans le cadre de limites strictement définies par les habitants
eux-mêmes.
Au moment de la construction, le robot étant couplé à un ordinateur, la maison mémorise dans ses moindres détails la construction, l'assemblage et la nature exacte de tous les éléments constitutifs du bâtiment. Il est ainsi possible de faire l’équation entre son présent, son passé c'est-à-dire l’identification et la provenance de différents matériaux, son avenir, c'est-à-dire son utilisation future et sa fin liée à son démontage et son recyclage potentiel. Jean Pierre Changeux déclare, dans l'Homme neuronal" : « …les molécules de neurotransmetteurs et de leurs récepteurs sont composées de carbone, d’hydrogène, d’oxygène et d’azote qui n’ont rien de propre aux être vivants. Le système nerveux se compose de – et emploie pour fonctionner – la même «matière » que le monde inanimé … » ![]() P.C : Nous rejoignons l’intéressante chaîne de Beresniak, qui pourraît nous aider à choisir le futur en connaissance de cause : L’Adam jardinier, premier golem, puis le second golem fait de main d’homme, enfin le troisième, hybride, cyborg : Terminator. ![]()
|
|